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Autarcie

L'autarcie informationnelle, un enfermement préjudiciable

 

Le mot “autarcie” provient du grec autos, soi-même et arkein, suffire. L’autarcie prône donc une autosuffisance et une stricte fermeture à l’égard d’autres sources de production matérielle ou immatérielle. Le terme est généralement employé en économie et s’oppose alors à l’économie dite “ouverte” dans lequel ont lieu des échanges commerciaux de différents ordres.

Le système autarcique ne consomme donc que ce qu’il produit, étouffant au passage tout possible ouverture. Historiquement, aucune société n'a pu établir une autarcie parfaite, chacune ayant entretenu des échanges avec des voisins proches ou lointains, ne serait-ce que pour les matières premières qu'aucun pays ne possède sur son sol en quantité suffisante pour subvenir à l'ensemble de ses besoins.

Dans son ouvrage La Société Romaine paru en 1991 aux Editions du Seuil, Paul Veyne décrit l’autarcie du domaine romain avec ses zones forestières et ses terres cultivables comme garante d’un équilibre, d’une homéostasie au sein du système. Ce qui semblait être un véritable idéal chez les Romains était justifié par l’envie de sécurité et d’assurance pour éviter toute entropie, toute implosion de la construction. 1

 

Autarcie informationnelle

En ceci, l’autarcie rime parfois avec régime totalitaire quand ce faux désir de “défense la sécurité publique” conduit à des abus de pouvoir, qui privent un pays ou une nation de dialogue et d’échange. Dans ces régimes, l’information se présente comme un véritable enjeu qu’il est souhaitable de contrôler pour éviter l’établissement de tout contre-pouvoir qui puisse faire chanceler l’autorité en place. Asseoir son emprise nécessite un strict contrôle de toutes sources d’information, et là est le coeur de l’autarcie informationnelle : Toute information n’émanant pas du pouvoir n’est pas considérée comme viable. Le strict contrôle des médias, la censure et la désinformation sont alors employés à grande échelle.

 

L'autarcie informationnelle va très souvent de pair avec une liberté de presse bafouée.

La carte ci-dessous réalisée par l'association RSF et publiée le 16 janvier 2016 présente une échelle de couleur en fonction de l'état de la liberté de la presse dans le monde. 2

Vingt pays sont dans une situation très grave, la presse est réprimée, les journalistes y sont en danger : L’Erythrée, la Corée du Nord, le Turkménistan, la Syrie, la Chine, le Vietnam, le Soudan, l’Iran, la Somalie, le Laos, Djibouti, Cuba, le Yémen, la Guinée Orientale, l’Ouzbékistan, le Sri Lanka, l’Arabie Saoudite, Bahrein, l’Azerbaïdjan et le Rwanda.

Liberte presse

 

1. VEYNE, Paul. La Société Romaine, Edtion du Seuil, avril 1991. 341p.

 

2. Cartographie réalisée par RSF et publiée dans Courrier International à l'adresse suivante :

http://www.courrierinternational.com/grand-format/cartographie-un-recul-mondial-de-la-liberte-de-la-presse

 

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