Chine et autarcie informationnelle

La Chine et l’autarcie informationnelle

 

 

Pendant la période maoïste (1949-1978), les médias occupent une place importante  du Parti, contrôlés et financés par l’Etat.

A la fin des années 1970, un vent d’émancipation souffle sur ces organes. En effet, le journal Le Quotidien du Peuple  souhaite que le gouvernement mette en place une mesure prônant « l’autogestion partielle du domaine des médias ».[1] Entre 1979 et 1984, les publicités réapparaissent dans les médias. Les médias doivent alors se distinguer du rôle proéminent que l’Etat agit sur eux tout en faisant face à une concurrence rude établie par l’apparition de nouveaux journaux.

Entre alors en jeu le rôle d’internet qui apparaît en 1994 en Chine. Dès son introduction, l’Etat voit en cet outil un moyen de surveiller la population. Cependant, il s’avère être son utilisation est un puissant moyen utilisé pour contrer l’obscurantisme et l’autarcie informationnelle.

L’année 2003 est marquée par le joug d’arrestations de journalistes et de fermeture de certains journaux, importante étape sur le chemin de l'autarcie informationnelle. La publication de la lettre rédigée par Jiang Yanong, le médecin militaire de Pékin par le magazine américain Time, révèle au monde entier la relation tumultueuse entre les médias chinois et l’Etat.

En 2004, la sociologue He Qinglian affirmait l’idée que 6 milliards 400 millions de yuan devraient être investis avant 2008  dans un projet de construction d’un gigantesque système intelligent pour la sécurité d’Internet, appelé « Bouclier d’or ». [2]

En novembre 2011, des mesures plus fermes sont prises ; les journalistes doivent citer au minimum deux sources vérifiées et les interviews et la collecte d’information doivent être réalisées par le journaliste lui-même. La GAPP, l’organe administratif de régulation et de distribution des médias en Chine publie un avis interdisant les médias chinois de citer les médias étrangers.[3]

En 2015, l’arrestation de la journaliste chinoise Gao Yu est une claire représentation de l’omniprésence d’une autarcie informationnelle au sein du gouvernement. Elle est condamnée pour « divulgation de secrets d’Etat », à cinq ans de prison après avoir fait appel.[4]

 

 

[1] http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=ETU_014_0309&DocId=209899&hits=4386+4380+1068+1060+9+3+

[2] http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=ETU_014_0309&DocId=209899&hits=4386+4380+1068+1060+9+3+

[4] http://www.lefigaro.fr/international/2015/11/26/01003-20151126ARTFIG00172-chine-la-journaliste-gao-yu-condamnee-a-cinq-ans-de-prison-en-appel.php

Commentaires (1)

Mireille
  • 1. Mireille | 19/03/2017
Une bien belle initiative !

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